La catastrophe minière du Puits Plichon à Montceau les Mine le 16 janvier 1958
livre de Grand Gil "La catastrophe de Plichon"
En hommage à toutes les victimes de la mines - Daniel Sotty


Grand Gil - Un artiste montcellien connu et respecté, il pratique avec bonheur les disciplines les plus variées - Auteur - Compositeur - Interprète - Musicien - Sculpteur - Conteur - Animateur - Humoriste - Décorateur - et aussi Écrivain. Ce livre maintenant épuisé est un véritable travail d'historien avec des témoignages fait par une personne directement impliquée du fait qu'un proche parent était parmi les victimes . Merci "mon ami"




















































ling fluent Le jeudi 16 janvier 1958, j'étais au lycée quand les sirènes ont retenti.
Comme tous mes camarades j'ai vite compris qu'il se passait "quelque chose de grave" à la mine sans me douter à cet instant de l'importance que ces "sirènes". auront durant toute ma vie. Fort de mes presque 15 ans, j'étais un adolescent engagé, indépendant et revendicatif ... et j'ai ressenti cette catastrophe minière uniquement avec mes "tripes" sans m'occuper vraiment de la réalité historique, anecdotique et chronologique.

Et 50 années plus tard ... j'ai lu ce livre écrit par Grand Gil. Il est précis, clair, bien documenté et objectif. C'est un très bon livre d'historien réalisé avec la sensibilité de l'artiste Grand Gil et la détresse de l'enfant qui a perdu un proche dans cette tragédie. Bravo Grand Gil . J'ai alors pu mesurer combien ma vision de cet événement tragique était partielle et imprécise en dépit du fait que j'ai vécu cette tragédie en étant sur place dans le milieu de la mine et dans les quartiers ouvriers. Mais il est aussi surprenant de constater que mes convictions de départ s'en trouvent aujourd'hui encore renforcées et plus que jamais je bannis la "fonctionnaucratie" et les "cons qui disent savoir" et plus que jamais je sais que je continuerai mon combat militant ... je consacrerai ma retraite à libérer "l'homme-individu" ... le pourrai-je ? je n'en sais rien .... mais je ne veux pas crever sans avoir essayé.

Je remercie Grand Gil de m'avoir permis de puiser largement dans son livre pour écrire cette page.

Le puits Plichon
L'avant puits a été entrepris le 7 juillet 1926 et le fonçage a commencé officiellement le 1er mai 1927. Il a été arrêté le 22 mars 1930 à 632,58 mètres pour un diamètre de 5,70 mètres.
L'extraction a commencé le 7 juin 1932 par l'étage - 508 - et le 4 septembre 1950 par l'étage - 600 - pour se terminer fin avril 1965.
L'extraction a commencé par l'étage 150  (2ème couche amont) le 16 novembre 1962 - elle a été arrêtée du 1er octobre 1965 au 18 octobre 1965 pour inondations. Un serrement a été exécuté en août 1967 dans le tube à 18 m au dessous de la recette de l'étage 150
Perle Bleue
https://phytonutrition-sante.com/da/perle-bleue-anmeldelser/
Wrinkles - problem solved!




 Le dernier poste à l'extraction a eu lieu le 28 juillet 1967.
Le bure à schistes de Plichon - remblayé jusqu'au jour et la dalle de fermeture en béton armé posée le 13 février 1968.
Le bure d'embouage de Plichon - remblayé jusqu'au jour et la dalle de fermeture en béton armé posée le 7 juin 1968.
Le puits Plichon - remblayé du serrement jusqu'au jour et la dalle de fermeture en béton armé posée le 3 septembre 1968.

Le puits Plichon - jeudi 16 janvier 1958 - (photo ci dessous) ... une journée comme les autres .... presque ... !
Extrait du livre de Grand Gil : (page 16)
" Bas les hommes" .... l'encageur vient de prévenir la salle des machines. Une sonnerie, des lampes rouge, verte qui s'allument, et, dans un long glissement silencieux, la cage engouffre sa cargaison de mineurs dans les entrailles du sol. Il est 5 heures du matin. Arrivé au fond, chacun se rend à son chantier. Ceux du "deuxième couche centre" sont avec leur surveillant Marlin. Tout est normal, le chantier est en état, tout a été arrosé par la permanence quelques instants avant la descente du poste. Bientôt, le bruit saccadé et trépidant des marteaux fonceurs remplit le silence des galeries. On prépare les tirs de mine. Dans ce quartier, comme dans beaucoup d'autres, on utilise la méthode Armstrong. La poudre (jugée trop dangereuse) est remplacée par l'air comprimé. Les premiers tirs sont effectués et déjà plusieurs tonnes de houille ont été détachées et gisent à terre dans un halo de fumée et de poussière. subitement, sans que rien ne le laisse prévoir, un souffle de feu, accompagné d'un sifflement horrible traverse la galerie à la taille 400. Au même moment un déplacement d'air formidable secoue tout. Les ouvriers sont soulevés comme des fétus de paille et projetés avec violence contre les parois des galeries. des hommes situés à 30 et 50 mètres du lieu sont projetés à terre . Quelques secondes de silence... puis des cris et des hurlements retentissent. Un nouveau vent, mais de panique cette fois, souffle dans le quartier. De tous côtés, des gens affolés courent, cherchant à s'échapper, à quitter ce lieu où vient de résonner le gong mortel de la fatalité. Bientôt cependant, les esprits reviennent au calme. Les mineurs sont des gens habitués au danger car, chaque jour, ils vivent avec lui. Ils reviennent sur place où un triste spectacle les attend. Plusieurs des leurs gisent, plaignant leurs membres horriblement brûlés. certains sont restés debout et auront le courage de remonter le plan par leurs propres moyens. Ils n'iront pas loin... La plupart ont les mains terriblement brûlées, ces mains que, dans un réflexe, ils ont portées devant leur visage pour se protéger de la flamme. La peau tombe en lambeaux et se détache au moindre contact.
Ling Fluent
https://phytonutrition-sante.com/da/ling-fluent-udtalelser/
Learn up to eight foreign languages!





Le puits Plichon - jeudi 16 janvier 1958 à 8h30 - les 35 victimes du coup de grisou.
Tous les montcelliens de cette époque se rappellent des ambulances qui faisaient la navette entre le puits et l'hôpital et peu après ce sinistre convoi d'ambulances emmenant les grands brûlés vers les hôpitaux spécialisés de Lyon. Les mineurs étaient autant brûlés à l'intérieur qu'à l'extérieur car ils avaient respiré le feu.
14 ont été hospitalisés à Grange-Blanche à Lyon : (12 décéderont) MINELLO Joseph (décédé le 21 janvier à 4h00), PAGOT Giovanni (décédé le 21 janvier à 19h00), ZABISZAK Wieslaw (décédé le 28 janvier à 2h45), BRUEL Albert, GRAVALLON René, VISENTIN Candido (décédé le 21 janvier à 21h00), DOYEN Roger (décédé le 22 janvier à 20h00), PORTAILLIER Marcel (décédé le 20 janvier à 18h00), KOWALEWSKI Wladidas (décédé le 21 janvier à 10h15), MIKOLAJCZAK Alexis (décédé le 21 janvier à 16h00), CHAPUIS Henri (décédé le 23 janvier à 11h45), CHAPUIS René (décédé le 22 janvier à 8h00), MERLIN François (décédé le 20 janvier à 12h45), DECOBEQ Constant (décédé le 22 janvier à 13h00).
10 ont été hospitalisés à Saint-Luc à Lyon : (5 décéderont) RAUX Etienne (décédé le 28 janvier à 10h00), LEGRAND Pierre, SERAFINI Giovanni (décédé le 17 janvier à 10h00), LESAVRE Paul (décédé le 17 janvier à 6h00) , BEKASZ Wasyl (décédé le 19 janvier à 20h00), GDAK Joseph, BLATNIK Joseph, MARGUIN André, COTHENET René, PETEUIL Constant (décédé le 22 janvier à 6h00).
5 ont été hospitalisés à Montceau : (3 décéderont) THOMASSET Jean (décédé le 17 janvier à 9h00), FIORETTI Angelo (décédé le 17 janvier à 6h45), CISZAK Stanislas, DESBROSSES Raymond (décédé le 23 janvier à 20h30), MATUSZEWSKI Joseph.
6 brûlés légers ont pu regagner leur domicile PLASSARD Jean, PETEUIL Gaston, MARLIN André, DEVARAINE Gérard, BLATNIK Michel, MAURO Robert.

 Le puits Plichon à Montceau - catastrophe du 16 janvier 1958

extraits des témoignages recueillis par Grand Gil
René Gravallon - rescapé de la catastrophe -
Il est descendu en retard car il n'avait pas entendu son réveil -" Et comme j'étais arrivé en retard je n'étais pas encore déshabillé, j'avais enlevé "le plus gros" comme mon veston, mais j'avais encore ma chemise et mon pantalon au lieu d'être en slip comme habituellement. IL faut dire qu'au bout d'un certain temps il fait tellement chaud dans les galeries que les mineurs travaillent en slip ou même nus. Ça aussi ça m'a sauvé la vie"
André Marguin - rescapé de la catastrophe -
"J'ai vu la flamme sortir de tous les côtés et suivre le courant d'air, j'étais à une quarantaine de mètres, en slip et en bottes, et ça m'a brûlé partout sauf les pieds et les cheveux parce que j'avais mon casque"
Joseph Gdak - rescapé de la catastrophe -
" j'ai vu un éclair rougeâtre passer devant mes yeux. Là tout a été bousculé, catapulté, on s'est retrouvé à quatre pattes, dans n'importe quel sens, nos lampes se sont éteintes, tout a été soufflé, j'ai entendu des gémissements et quelqu'un a crié - on est foutu, on est foutu, on est tous brûlés - Alors je me suis tâtonné pour voir si j'étais bien en vie, il n'y avait pas de problèmes et j'ai récupéré ma lampe ..... Je suis parti tant bien que mal et j'ai rencontré Bruel, qui, lui travaillait à une cinquantaine de mètres au-delà du chantier, et c'est là, en me regardant dans le faisceau de sa lampe que je me suis aperçu que j'étais brûlé. Toute ma peau était cloquée, tout était grillé, on avait plus de cheveux, plus de sourcils, avec d'énormes cloques sur tout le corps"
Témoignage d'une personne voulant conserver l'anonymat :
"Ceux qui sont morts ne sont pas morts à cause des brûlures de la peau mais surtout à cause de ce qu'ils ont avalé" "Quand j'ai fait remonter Visentin par mes hommes sur le brancard il m'a dit - Chef, vous me reconnaissez ? Bien sûr que je te reconnais grand con ! - je lui ai dit cela pour le consoler, en langage de mineur pour lui redonner le moral. Il a souri "

Je vous conseille "d'essayer" de lire le livre de Grand Gil dans une bibliothèque car il est actuellement épuisé ... c'est un très bon livre ... les anecdotes de faits miniers et les témoignages sont nombreux et transcris intégralement. ( Il serait utile pour la mémoire de toute une époque que nous réussissions à aider Grand Gil à faire une nouvelle édition .... il a encore beaucoup à dire et à transmettre

Catastrophe du 16 janvier 1958 - responsabilités .
Dans cette page je me suis contenté de rendre hommage à ces hommes qui sont morts pour subsister ... et j'ai refusé de participer au débat d'après catastrophe sur les responsabilités et le jeu politique ... patrons exploiteurs / ouvriers exploités ... car je pense que le vrai problème de notre société, en 1958 comme aujourd'hui, ... est bien ailleurs. Grand Gil a réussi à conserver une réelle objectivité, tout en étant précis et complet sur les débats et enjeux qui ont suivis cette catastrophe.





Les Sotty, un clan de liberté et de responsabilité en Bourgogne
Annie et Daniel Sotty - quand le vélo devient notre seul moyen de locomotion
Le journal du vélo, de la bicyclette et des cyclotouristes
Nos photos de famille, un patrimoine menacé
Journal libre, satirique et virulent de Daniel Sotty
Alexandre Sotty Chaudronnier d'art
Savoirifère - Annuaire des savoirs, savoir-faire, savoir-vivre, savoir vivre et savoir dire

Daniel Sotty